Saturday, 7 May 2011

Conseil Constitutionnel ivoirien: revenir à la raison garder

par D'Elias Koré  in SAOTI

« Libérez Gbagbo ! » « On veut Gbagbo ! » « Pas de négociations sans Gbagbo! » « C’est Gbagbo le président ! » « Yao N’Dré est un traitre ! »

Que d’injonctions péremptoires et d’accusations virulentes sont entendues et lues ci et là depuis la capture de Laurent Gbagbo par l’armée française, sa remise aux troupes de Ouattara et sa séquestration illégale à Korhogo. Et l’arrêt rendu hier par le Conseil Constitutionnel, qui proclame Alassane Dramane Ouattara Président de la République de Côte d’Ivoire, n’est pas venu calmer l’intense vague de révolte qui anime les partisans de Laurent Gbagbo, qu’ils soient Ivoiriens ou pas, loin de là !

Mais si l’émotion suscitée par les événements auxquels la Côte d’Ivoire est confrontée depuis plusieurs mois est compréhensible, il faut cependant savoir, à un moment donné, raison garder.

Wednesday, 4 May 2011

IVOIRIEN IVOIRIENNE, QUE FAIS TU POUR TA LIBERATION?

Par le Réseau Panafricain pour la Défense de la Souveraineté des États Africains revisité par abidjan_pas _net

Coup de gueule d’un résistant de Yopougon qui s'appelle ironiquement  Mossi Dramane. Je partage une très  grande partie de ses coups de gueules …

Coup de gueule acte 1

1-       les amis on va se dire les vérités. Vous êtes scotchés à vos ordinateurs. Mossi,  nouvelles de Poy  (Yopougon-quartier d’Abidjan) ?  Je vais vous dire 2 mots. Affaire des résistants de poy(Yopougon-quartier d’Abidjan)   ne va pas durer indéfiniment. Avec le cas IB (Ibrahim Coulibaly-  rebelle pro-Ouattara assassinée par ces anciens frères D’arme) réglé par les rebelles,  Poy (Yopougon)  est le seul coin qui leur pose problème. Les gens de la diaspora font des marches.  Mais vous qui êtes a Babi  (Abidjan) qui n'êtes pas à Poy (Yopougon) vous faites quoi? Vous demandez est ce que Poy tient. Oui Poy tient. Mais Poy tiendra encore mieux si vous les soutenez.  j'ai demandé les signalements des positions des hélicos  (hélicoptère de l’armée française et onusienne) et des rebelles  (pro-Ouattara) dans Abidjan. À part 3 ou 4 personnes, personne ne fait ça. Les rebelles ont concentré toutes leurs forces là-bas ((Yopougon-quartier d’Abidjan). Il va falloir créer d'autres zones de troubles. Soyez créatifs dans vos quartiers.

2-      c'est vrai on rigole ici (en Côte d’ivoire –Abidjan). On fait des affairages (petite affaire – micmac). Mais Mossi Dramane (résistant de yopougon- auteur du texte) n'est ni Zoumana ni Oupoh de ma famille  (une série télévisée) pour vous faire rire. je suis un résistant.

3-      vous ne jouez pas vos rôles de résistants. Je ne sens pas beaucoup de gens. J’ai vu des quartiers entiers d’Angré (quartier D’Abidjan)  surveillés à peine par 2 rebelles et personne ne fait rien. Personne ne jette des briques (crée des barrages)  sur la route, personne ne fait rien.

4-      vous allez me dire oui, vous n'avez pas d'armes c'est vrai. Mais vous avez fait quoi pour soutenir vos amis de Poy (yopougon) ? toi tu bosses dans un coin. Tu as les machines pour faire les faux papiers. Tu ne peux pas faire de faux papiers pour les gars de Poy pour qu'il puisse sortir de la zone?

5-      si tu te donnes l'objectif de faire 2 fausses attestations pour tes gars de poy. ils pourront sortir sereinement de poy et venir rejoindre vos quartiers. Chacun doit agir - ne dormez pas !


6-      les gens de Poy (yopugon)  pouvaient fuir le pays depuis mais ils sont restés pour se battre. Moi-même je pouvais « tchala » (m’enfuir)  au Ghana, j’ai mes diplômes, je suis bilingue mais je suis resté pour centraliser toutes les infos. Donc vous aussi résistez mais ne dormez pas sur vos ordinateurs.

7-      Les  sales petits rebelles de Marcory ou Cocody sont là : « mon vieux té « songon » (bien habille), donne jeton (donne-moi de l’argent- rackette). » Vous êtes là, vous riez avec eux. Certains même leur donne des pièces et vous vous appelez patriotes. ayez honte de vous ! Si vous vous comportez comme ça je vous le dit. Gbagbo va mourir à Korhogo et ne doit actuellement pas être fier de vous.

Coup de gueule acte 2.

1-      Ne dormez pas ! Vous savez pourquoi Mandela a fait 27 ans de prison? Parce que l'Afrique du sud a été tranquille pendant tout ce temps. Quand la situation est devenue intenable avec un risque de guerre civile, les blancs n'ont pas eu d'autres choix que de le libérer et négocier avec lui. Si vous ne voulez pas que Gbagbo reste à Korhogo jusqu'à sa mort levez-vous!!!

2-      actuellement les gens  (Desmond tutu – Koffi Annan – etc…) prennent avion pour aller le voir à Korhogo parce que la situation est instable et Gbagbo demeure un interlocuteur indispensable. Mais quand tout sera calme je vous assure qu’affaire de Gbagbo « wawuyé ». (l’affaire Gbagbo sera terminée et oubliée).

3-      mais continuez à dormir. Restez sur vos ordis tous les jours à chercher des sons (des nouvelles). Vous allez le faire pendant 30 ans si vous le voulez.

4-      Le président Laurent GBAGBO s'est battu jusqu'au bout dans sa résidence. Il était avec sa femme, sa mère, ses enfants et ses petits-enfants. Il aurait pu fuir, mais il est resté.

5-      Affi Nguessan (Président Du FPI – Membre du LMP) un père de famille depuis sa prison de la pergola a dénoncé le coup d'état et vient d’être conduit à Bouna en prison. Mais toi tu es assis chez toi tu as fait quoi?

6-      vous êtes là, tant que les rebelles ne tuent pas un gars de votre famille vous êtes détachés de la résistance. Vous êtes sur vos claviers. Après : «  hiiiiiiii !  on a pillé chez moi, éééh !on a fait ça. Mais c'est normal si vous dormez »

7-      Les blancs ont pris Béhanzin, on l'a mis en exil, il est mort là-bas. Dernièrement des gens comme Lissouba, Patassé ont été poussé (envoyé)  à l'exil par la France, ils n'ont plus jamais repris le pouvoir et sont réduits au silence. Continuez de dormir et cela va arriver à Gbagbo.

8-      Dans certains quartiers je suis tellement déçu , quand je vois des gens faire à manger (au rebelles pro-ouattara)  pour ne pas se faire voler ( piller)  par les rebelles. mais vous venez de quelle planète vous là? Vous mettez vos bourreaux à l'aise et vous vous plaignez que les rebelles sont sur vos dos.

9-      Mais apprenez à vous respecter hein ! dans même Abidjan là, des gens sont arrêté, on les kidnappe, on fouille (on vole) chez les gens et vous êtes là Abidjan a repris (repris ces activités). Des imbéciles vont boire des bières et disent  (prophétisent) dans leur bouche Gbagbo va revenir. Vous pensez que Gbagbo c'est Ange Gabriel ou bien ? - et puis il va quitter Korhogo pour revenir à Abidjan. vous rêvez !

10-  on vous donne 1 mois de salaire, on prend agios de 3 mois dans vos salaires. Personne ne se plaint. Ou bien « banque » là est pour les rebelles ? -  et vous vous taisez !?

11-  vous êtes la  « Abidjan a repris », les gbakas (camionnette de transport en commun)  roulent, les Warren (taxi communaux) roulent. C’est ça qui va ramener Gbagbo hein !? ivoiriens, Ivoiriennes  vous êtes trop décevants.   il suffit demain que 2 maquis reprennent et c'est fini vous allez oublier Gbagbo à Korhogo

12-  vous pensez que les rebelles ont fait école de rébellion ou bien? ils se sont frottés au feu des FDS pour s'aguerrir un peu un peu. Dormez seulement dormez

Coup de gueule acte3

1-      je vais parler à mes amis chrétiens. Depuis des mois et vous pouvez voir mes anciennes publications je parlais de Malachie. ça m’a valu plein de messages méchants. Vous avez vu maintenant.1ère question pour vous: qui connait visage de Malachie? qui sait ou Malachie prêche?

2-      vous croyez en Dieu et c'est bien. Moi je suis baptisé et tout. je connais assez bien la bible. Faîtes confiance à Dieu et non aux hommes.

3-      vous êtes resté à dormir dans vos salons on vous disant : « les chars vont fondre ». Les lumières vont tomber du ciel. Aide-toi et le ciel t'aidera ! Tu as prié c'est vrai, c’est bien, mais tu as fait quoi comme acte concret?

4-      Vous pensez que vous avez le monopole de Dieu ou bien? Vous pensez que les rebelles ne prient pas hein!! vous êtes là les francs-maçons nous combattent. Mais ils te combattent ;  tu finis de prier est ce que tu les combats?

5-      Dieu a dit aux israéliens de quitter l’Égypte. Les gars sont partis. Ils ont porté les vieux, les malades et ont fui et la mer s'est ouverte. ils ne sont pas restés en Égypte en attendant que Dieu les prenne et leur  fasse survoler la mer pour les faire sortir d'Égypte. Posez-vous la question, quel a été votre (ma)  part de combat?

6-      vous êtes là, les israéliens, les israéliens. Mais eux là ils se battent hein !  contre les autres peuples. Ils ne restent pas les bras croisés pour dire on est peuple de Dieu on sera sauvé. Dieu va faire ça ou ca

7-      ne rêvez pas,  réveillez-vous un peu ! . On est tous chrétiens. Mais Dieu ne nous a pas appris à être fainéants.


8-      je me mets off un moment. Vous attendez encore des ordres hein!! Gbapè (Charles blé Goudé)  était en Angleterre en 2002 , il est rentré- il a reçu ordre de qui? Ne sortez pas de cette mentalité de suiveurs, continuez. il est grand temps que chacun soit son Blé ou son Gbagbo. Moi je ne reçois pas d'ordre de quelqu'un j'ai pris mes responsabilités. Chacun peut en faire autant.

9-      pensez, réfléchissez, proposez ne restez pas là a  attendre que les gens fassent tout pour vous. Je me rappelle que plusieurs fois le président Laurent GBAGBO grand politicien de son état a consulté son peuple sur des sujets sensibles pour prendre de bonnes décisions. C’est dire que vous aussi vous pouvez proposer des choses concrètes depuis vos quartiers

10-  Moi j’en ai fini pour ce soir. Bonne nuit les résistants de salon. Ciao ciao et que Dieu nous garde

Coup de gueule acte4

11-  tu ne peux pas venir au pays ? La vie ne s'arrête pas aux marches à la place des nations. est-ce que tu as déjà sacrifié 10 euros pour imprimer des photos sur les morts (les crimes) de Ouattara et les distribuer dans les rues de ton quartier?

12-  est-ce qu’une fois au boulot ou à l'école tu as déjà partagé des tracts sur la crise ivoirienne. Tu as déjà pris une soirée pour aller au parc pour partager des prospectus sur les mensonges de l'ONU dans ton pays?

13-  dans les universités que nous tous avons fait en Europe ou en Amérique y a des associations, y a des murs pour disposer vos affiches. Investissez ces lieux. Quand il y a des débats sur votre pays, allez participer. Ne te dis pas je suis seul que c'est un débat des RDR ( Pro-Ouattara) . il faut aller et faire savoir ton point de vue sur la crise. C’est très important

14-  il faut aller au-delà. tu te bats avec les moyens de bord c'est bien. Mais est-ce que tu explores d'autres voies ? C’est de ça je parle. Il faut chercher d'autres réseaux, voir plus loin

15-  on connait tous les journalistes, y a pleins de corrompus partout. Vous êtes sur que si à vos marches vous cotisez 1 euro chacun, tu crois que si tu donnes 3000 euros à des journalistes pour diffuser un de vos trucs ils ne vont pas le faire. ils vont le faire cher ami.

16-  maintenant si ça ne marche pas (je sais que ça va marcher)vous ne pouvez pas faire votre web radio ou un petit journal en ligne?

17-  on connait les journalistes bien. Les journalistes de jeune Afrique, Afrique Asie et autres font le tour de paris pour demander de l'argent pour faire des articles téléguidés. Vous ne pouvez pas les corrompre?

18-  moi je n’ai pas encore parlé de levée de fond dont on ne sait où ça va. moi je te dis tu peux prendre un groupe restreint avec des amis. Cotisez chaque semaine 5 euros et un peu un peu avoir 300 euros et commencez à payer des petits journalistes pour diffuser vos news ( Infos)  jusqu'à ce que vous ayez assez de moyens pour monter sur les journalistes de le monde ou le figaro

19-  nouvelles de Poy  ( Yopougon) ?  les rebelles pro-ouattara  égorgent, tuent, pillent et violent dans les quartiers. Actuellement chacun est face à son destin. Tu te bats à Poy, après les combats on te tue. Tu croises les bras comme les gens des autres communes on te tue, on te pille. Ivoirien est bête et aime être commandé par les étrangers. Bande de  « tampiri » ( Imbéciles)  et de djouuu bye

Cote D’ivoire : "Ces terribles crimes de guerre pourraient être requalifiés en génocide"

À l'heure où la coalition Licorne-Onuci-"Frci" pilonne des zones civiles d'Abidjan...

Michel Galy 
Enquête Dans L'Humanité, par Michel Galy: "Côte d'Ivoire. Groupes armés. Le pays en pleine extension de la guerre nomade ?"


"Des acteurs du conflit sont venus du Liberia et de Sierra Leone qu’ils avaient laissés exsangues, pour rallier les troupes d’Alassane Ouattara. D’où la menace d’instabilité persistante, 
analyse Michel Gally, spécialiste de la région. La guerre en Côte d’Ivoire a bien eu lieu, mais ce n’est qu’un épisode localisé d’une « guerre nomade » qui tourne depuis 1989 entre plusieurs pays ouest-africains, et le cycle des violences est loin d’être terminé.


En 1989, une centaine de guerriers dirigés par Charles Taylor, armés par le Burkina Faso, passent la frontière ivoirienne pour mettre à feu et à sang le Liberia ; puis vient le RUF de Foday Sankoh, qui conquiert la Sierra Leone et massacre plus de 2 000 personnes en prenant Freetown, la capitale. Ce sont bien les mêmes qui, en 2002, ont commencé la rébellion ivoirienne, maîtrisant les deux tiers du pays à la faveur d’un coup d’État dont tout indique aujourd’hui qu’il se faisait au profit d’Alassane Ouattara.
Crime  Pro-Ouattara 2011

Ces « guerriers nomades », passeurs de frontières, ont fait de cette activité de pillage en extension continue un mode de vie, voire de gouvernement. Au nord de la Côte d’Ivoire, depuis 2002, s’est mise en place une sorte de « dictature rebelle » où toute opposition est impossible et la violence gratuite monnaie courante, tandis que les services de l’État ont en pratique disparu et que l’informalisation économique se combine avec des rackets en tout genre. Une sorte de féodalisation militaire s’est fait jour : le règne des tristement célèbres « comzone », ces commandants rebelles qui tirent d’énormes profits de leurs rapines.

Dans les « biens mal acquis », des associations comme Sherpa pourraient leur demander des comptes : il est de notoriété publique à Ouagadougou, au Burkina Faso, que les somptueuses villas du « quartier Millionnaire » ont été construites grâce au pillage du nord de la Côte d’Ivoire ; le premier d’entre eux, Guillaume Soro, n’est-il pas aussi un riche propriétaire qui possède des appartements jusqu’à Paris ? Il n’est pas sûr que ses émoluments de premier ministre y aient suffi…

Les récents événements semblent assurer une extension maximale à ce système nordiste de violence et d’exploitation : le pillage de quartiers entiers d’Abidjan comme Angré s’est étendu à l’université et au quartier administratif du Plateau : voitures réquisitionnées de force, maisons vidées, militants FPI (le parti de l’ex-président Gbagbo) rackettés, les guerriers du Nord formant l’armée rebelle (rebaptisés Forces nouvelles, puis, sans doute par antiphrase, Forces républicaines) sont les premiers à piller, transposant le système du Nord dans la conquête de la capitale.

Cette « libérianisation » de la guerre ivoirienne a culminé dans l’Ouest : le massacre de Duékoué (plus de 800 civils), dénoncé publiquement par la Croix-Rouge, s’est effectué le lendemain de la prise de la ville par la soldatesque d’Alassane Ouattara. Comme au Rwanda en 2004, des cartes d’identité jonchent la ville autour des cadavres des victimes : les noms et lieux de naissance ont permis aux tueurs de repérer les membres de l’ethnie autochtone guéré, partisans de Gbagbo et opposés à l’installation forcée de colons agricoles dioulas (Nordistes de la Côte d’Ivoire, Maliens et Burkinabés) sur leurs terres. Ces terribles crimes de guerre pourraient être requalifiés en génocide.

Représailles et contre-représailles s’enchaînent désormais : à Daloa et Gagnoa, des Dioulas, qui forment la moitié de la population urbaine, servent d’indicateurs et de relais de violence à l’armée du camp Ouattara pour persécuter, au-delà des militants FPI, les ressortissants de trois peuples réputés proches de l’ancien pouvoir, Attiés, Bétés et Guérés, dont les victimes pourraient déjà se compter par milliers.

Comme pendant les guerres nomades précédentes, des groupes armés venant du Liberia servent les deux camps et se livrent, quant à eux, à des atrocités aveugles et des pillages généralisés ; dans un phénomène courant de flux et de reflux, en admettant l’hypothèse optimiste d’un retour au calme en Côte d’Ivoire, l’errance de ces groupes vers la Sierra Leone et surtout le Liberia semble probable.


Les Dozos ( pro-Ouattara)

Mais que faire aussi de ces trop fameux « dozos » ( Pro-Ouattara) , qui comme les « kamajors » de Sierra Leone, sont des sortes de néochasseurs traditionnels du Nord ivoirien, avec un accoutrement et une mystique tirés du vieux fond mandingue (invisibilité, invulnérabilité…) ? Surtout spécialisés dans les massacres de masse comme à Duékoué, ils traitent en brousse l’ennemi sur le mode de l’animal et le dépècent comme tel…

Cette guerre nomade semble en extension : par une ruse de l’histoire bien africaine, elle fait retour sur le commanditaire de ces divers conflits, le président Blaise Compaoré, du Burkina Faso. Ayant poussé Charles Taylor, Foday Sankoh, Guillaume Soro à déstabiliser leurs pays respectifs, il se trouve face à un mouvement militaire, mais aussi politique et social qui pourrait l’emporter ; ainsi l’assassinat de Thomas Sankara paraît-il rétrospectivement comme un trauma originel se reproduisant alentour jusqu’à menacer son auteur."

Michel Galy

Wednesday, 27 April 2011

La tyrannie et ses mensonges


LA DÉSINFORMATION SUR LA CRISE EN CÔTE D’IVOIRE 
Par Bernard DESGAGNÉ  http://www.vigile.net/La-tyrannie-et-ses-mensonges

« L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. » — Gandhi

Le calvaire que le grand capital assoiffé de pétrole et de profits fait vivre au peuple ivoirien est une immense injustice qui est d’autant plus intolérable qu’elle se produit dans l’indifférence d’une grande partie de mes compatriotes québécois. Depuis bientôt cinq mois, malgré toute ma bonne volonté et mes efforts personnels pour sensibiliser en particulier la classe politique et les médias, j’observe impuissant les Ivoiriens, admirables résistants, se battre seuls contre l’argent des maitres du monde et les fusils de leurs valets. Je pleure et je me réveille la nuit en les entendant gémir, appeler à l’aide.

Une multitude de blogues, de pages Facebook, de canaux Twitter et de sites Web ivoiriens et africains sont parcourus de cris d’indignation et de hurlements de douleur qu’efface sans peine le vacarme assourdissant de la machine de guerre occidentale. À peine audibles, les lamentations des victimes de Duékoué, de Gagnoa, de San Pedro, d’Abidjan et du reste de la Côte d’Ivoire se perdent dans les abysses cybernétiques, tandis que les vampires qui boivent goulument le sang des Africains perpètrent tranquillement leurs crimes sous un déluge de média-mensonges. Avez-vous remarqué le silence de Radio-Canada depuis que l’affaire est prétendument réglée ? Avez-vous remarqué comme cette bande de journalistes à gages se tient coite depuis l’enlèvement de Laurent Gbagbo par les Français, qui l’ont remis à de sombres brutes pour qu’il soit humilié et séquestré avec sa femme, Simone ?

Pourtant, les rebelles poursuivent leurs massacres, jouissent de l’impunité et se tuent même entre eux, ce qui est très embarrassant pour Radio-Canada, qui nous présentait Alassane Ouattara comme le grand démocrate désigné comme vainqueur par la « communauté internationale ». Les élections fédérales tombant à point nommé, Radio-Canada a donc changé de sujet. Elle se désintéresse du conflit au moment où il vient de faire des milliers de morts. Quel contraste avec ce qui s’est passé entre décembre et mars ! Radio-Canada nous avait alors habitués aux quelques centaines de morts des statistiques plus ou moins fictives de l’ONU pour accabler Laurent Gbabo de tous les maux.

Civils utilisés comme bouclier humain par les rebelles
Des civils sont utilisés comme bouclier humain par les rebelles Pro-Ouattara

L'un des civils utilisés comme bouclier est mort après un échange de tirs
Des civils servant de bouclier humain est tué lors d’un échange de tirs.


Dans la première photo ci-dessus, des civils sont utilisés comme bouclier humain par les rebelles de Ouattara. Dans la seconde, l’un des civils servant de bouclier est tué lors d’un échange de tirs.

Le chaos et la terreur engendrés par l’ONU et la France, qui disaient vouloir protéger les civils, règnent partout sur le territoire ivoirien. Il y aurait deux-millions de déplacés. Les gens se terrent dans les plantations ou dans leur maison, en ville. Ils manquent de nourriture. Les voyous drogués et sans âme recrutés par Ouattara tuent, pillent, violent et saccagent. Les cadavres jonchent les rues. L’ONUCI, force des Nations Unies en Côte d’Ivoire, tire avec ses canons sur les civils de la vaste commune de Yopougon, en plein coeur d’Abidjan. Les jeunes hommes sans arme sont systématiquement « arrêtés », sous prétexte que ce sont des miliciens. S’ils résistent, ils sont tués. Les casques bleus restent sagement dans leur caserne, à Duékoué, pendant qu’à trois kilomètres de leur camp, des dozos sanguinaires massacrent plus de huit-cents civils innocents en deux jours, dans les cris d’horreur. Mais, soudainement, Radio-Canada a des choses plus importantes à nous dire que de nous parler de la tragédie provoquée par la soi-disant « communauté internationale », tout comme Radio-Canada occulte constamment le rôle machiavélique de la soi-disant « communauté internationale » dans le drame haïtien.

Tuesday, 26 April 2011

Côte d’Ivoire: le piège d’une réconciliation factice

Par JEAN-DAVID K. N’DA

La réconciliation nationale constitue sans aucun doute l’un des chapitres les plus controversés de la crise ivoirienne.

Après avoir été victime de négociations torpillées, de budgets surévalués, de gouvernements surpeuplés, d’accords politiques gangrenés, de célébrations ampoulées (qui se souvient encore de la Flamme de la Paix?) et d’élections controversées, la réconciliation, qui pour l’heure n’a pas connu le moindre succès, réapparait depuis l’”assaut final” du 11 avril 2011, aussi bien dans les discours officiels que les conversations populaires.

Les pro-Ouattara, heureux de leur ascension au sommet du volcan s’y retrouvent enfin; les pro-Gbagbo, amers devant la réalité du désappointement y confie leur destin; les officiers militaires, tétanisés par les effets de leur trahison y voient leur lendemain; les croyants, démoralisés par la pénible épreuve de foi s’y estiment contraints.

Il faut reconnaitre l’aspiration sincère de la grande majorité du peuple ivoirien à une réconciliation définitive. Epouvantés par trois semaines de conflits sans précédents, la population n’aspire qu’à dépasser cet épisode meurtrier et à aller de l’avant.
Cependant, une analyse attentive de la nature de cette réconciliation, révèle des insuffisances notoires qui sanctionnent sa vacuité et compromettent ses chances de réalisation.

La nouvelle déchirure

Depuis l’humiliation publique de Laurent Gbagbo et de sa famille, ordonnée et coordonnée par l’Elysée, le clivage existant depuis une décennie s’est mué en un schisme d’une profondeur abyssale entre deux types d’Ivoiriens: d’un côté, ceux qui saluent l’accomplissement de leur vœu le plus cher, à savoir, la mise à l’écart radicale (fut-elle illégale et brutale) de Gbagbo; d’un autre côté, ceux qui s’indignent non seulement de cet impérialisme belliqueux élyséen, onusien et américain, mais aussi du traitement réservé à l’homme.

Ce schisme provient donc, outre les obédiences politiques, de l’appréciation curieusement subjective d’une agression militaire pourtant publique, visible, donc objective (par définition), qui aura occasionné des milliers de pertes en vies humaines et marqué à jamais la population. Le « bon sens » dont Descartes disait qu’il était « la chose du monde la mieux partagée » (1), aurait laissé croire qu’il serait, sur la question, un minimum consensuel de consternation. Et bien non: en Côte d’Ivoire, il n’y a de sens que la mauvaise foi et de partage que la désolation.

Aussi, la déchirure s’accentue. En plus de la fracture sociale née sous Houphouët-Boigny et la fracture politique née de la crise, il s’est maintenant formé une fracture morale, à savoir une nouvelle ligne de démarcation entre Ivoiriens, qui tient à la valeur que les uns et les autres accordent à la vie humaine en général et à la vie d’autrui en particulier. C’est ce qui explique que depuis le 11 avril dernier, des familles entières soient morcelées, de longues amitiés soient profondément entachées, des carrières professionnelles soient déroutées, des congrégations religieuses soient divisées et que les souffrances internes soient plus abondantes que le sang innocent répandu sur le pavé.

Ce type de traumatisme ne disparait pas par enchantement, gommé par les discours politiques de circonstance, fussent-ils réconfortants.
D’ailleurs, l’origine politique de cette tentative de réconciliation recommande, par expérience, de l’examiner avec la plus grande des attentions.

Le règne de la terreur

La réconciliation véritable entre parties nait de la reconnaissance réciproque d’un tort. Elle émane d’un sentiment de culpabilité et d’une conviction intime de responsabilité qui se manifeste par le reniement d’une conduite reconnue comme étant à l’origine d’un antagonisme. Cette réconciliation véritable suppose que les différentes entités soient mises sur le même pied d’égalité qu’elles expriment, ainsi, des regrets sincères et communs.
Malheureusement, la réconciliation nationale clamée par les politiques et chantée par leurs disciples, s’inscrit ailleurs que dans cette vision. L’égalité est hypocrite, la culpabilité ridiculisée et les regrets inexistants. Ici, il n’est point question d’établir une autocritique, d’en tirer des leçons civiques et de travailler à la réparation. Il s’agit plutôt de légitimer un pouvoir en prétextant d’un accord entre “vainqueur” et “perdant”.

Cette formule est un leurre qui tente de masquer le fait que la crise ivoirienne n’offre, en réalité, ni “vainqueur”, ni “perdant”, qui ne soit Blanc. Il est clairement établi aujourd’hui que le conflit militaire oppose la France à la Côte d’Ivoire, comme l’atteste d’ailleurs la défiguration d’Abidjan belle et bien exécutée par l’Operation Licorne. Dans un tel contexte, comment entrevoir la réconciliation entre deux camps ivoiriens, là où l’affrontement s’est établi entre deux pays distincts?

La supercherie n’est envisageable que dans la volonté de fabriquer une réconciliation factice, qui certifierait “officiellement” la victoire de la France et de ses valets ivoiriens contre la Cote d’Ivoire et ses défenseurs républicains. Ce type de réconciliation s’énonce dans l’impudence maligne et contradictoire du discours d’apaisement signé Alassane Ouattara, présenté parallèlement à l’instauration de la terreur comme mode de gouvernance. Et à ce sujet les exemples sont patents: brigandage systématique des biens publics (Palais de la Culture, Bibliothèque Nationale, Université Nationale, Institut National de Statistiques…), pillage organisé des biens privés (domiciles, véhicules, entreprises…), épuration ethnique des males Bétés, assassinat des soldats FDS non-alignés, vendetta contre les jeunes patriotes etc. Du grand art démocratique, en effet…

En quoi donc est-ce que cette pratique moyenâgeuse peut-elle raisonnablement constituer un fondement solide sur lequel bâtir une véritable réconciliation?
Là encore, le « bon sens » cartésien expose la vacuité d’une telle proposition, tirée d’un algèbre politique plus que d’une disposition pacifique. Plus grave, sa mise en œuvre constitue un véritable piège qu’il convient d’apprécier à sa juste valeur.
La paix au prix de la peur


La réconciliation factice prônée par les politiques ivoiriens est un piège dont l’objectif réel est d’endormir la population. Profitant du matraquage médiatique unilatéral, qui submerge les masses dans un état d’hypnose où le crime est justifié et le dommage sublimé, cette machination convainc Ivoirien après Ivoirien, grâce au vernis de bonnes intentions qui dissimule son véritable dessein: instaurer un état policier dans lequel l’autoritarisme se présente sous le voile de la nécessité. C’est l’ultime arme de guerre qui favorise l’expansion du règne de la terreur et fait usage exclusif de la peur (et non de la paix) comme ferment.

Car la peur offre des avantages que la paix ne saurait égaler! La peur engendre la fuite en avant: celle qui “en a marre” et opte pour la résignation. La peur engendre la trahison: celle qui appelle la défaite et accepte l’humiliation. La peur engendre la dérision: celle qui discoure du superficiel et s’absout de réflexion. La peur engendre la déraison: celle qui acquiesce l’horreur de n’importe quelle situation.

Et pourtant, c’est bien la paix, et non la peur, la condition sine qua non au développement, aux dires mêmes des usuriers de prestige, tels le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale et autres institutions. C’est au nom de cette absence de paix, que 580 millions d’euros étaient introuvables hier seulement et qu’il était impossible de financer quelque réparation. Les symboles cinquantenaires de l’Etat de Côte d’Ivoire finalement réduits en cendre, l’hypocrisie impérialiste se met dès lors en branle et prône la reconstruction.

La sordide ébauche de consolation offerte par l’oppresseur, après qu’il ait infligé à l’opprimé une brutale correction, choque aisément. Elle est pourtant subséquente à un mépris occidental qui remonte à la colonisation. Aimé Césaire s’en offusquait déjà en 1955, quand il démontrait l’équation « colonisation = chosification » en s’écriant:
« On me lance à la tête des faits, des statistiques, des kilométrages de routes, de canaux, de chemins de fer. Moi, je parle de milliers d’hommes sacrifiés (…) Je parle de millions d’hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d’infériorité, le tremblement, l’agenouillement, le désespoir, le larbinisme ». (2)
Un demi-siècle plus tard, la punition française infligée à la Côte d’Ivoire prouve combien la « chosification » est effective, même si la manœuvre qui impose la peur en lieu et place de la paix n’offre aucune perspective.
Contre la nation

Il est facile d’oublier qu’en dépit des apparences, la paix, au contraire de la peur, n’est pas sujette à financement, ni par le trafic de diamant, ni par la spéculation cacaoyère du clan. La paix résulte de l’effort de justice constaté par tous et salué du plus petit au plus grand. La paix ne colmate pas les brèches de la manipulation, mais découle du triomphe de la vérité sur la mystification. La paix ne se décrète pas : elle parait tout simplement.

A contrario, le hurlement politique à la réconciliation nationale, bourré de clichés sympathiques tels “reprise effective du travail” et “nouvelle Côte d’Ivoire”, et avalé comme ciguë par les masses populaires, est une randonnée insomniaque, non pas vers la paix, mais vers l’approbation silencieuse d’un désenchantement.
La stratégie est d’autant plus dangereuse que cette réconciliation factice travaille, en réalité, à contre-courant de l’essor d’une nation libre, en voie d’émergence, caractérisée par le rapprochement des classes bourgeoises et prolétaires et l’essor d’une classe moyenne dominante. Or, en normalisant une réconciliation factice, on approuve implicitement un individualisme égocentrique, où le citoyen n’a de conscience que lui-même, sans attrait aucun pour l’intérêt commun.

On favorise ainsi l’essor d’une classe bourgeoise souveraine, que Frantz Fanon qualifie de « bourgeoisie nationale » qui s’enfonce « l’âme en paix, dans la voie horrible, parce qu’antinationale d’une bourgeoisie (…) platement, bêtement, cyniquement bourgeoise » dont la « paresse » et l’« indigence » engendre que « la conscience nationale, au lieu d’être la cristallisation coordonnée des aspirations les plus intimes de l’ensemble du peuple » ne devient « qu’une forme sans contenu, fragile, grossière », c’est-à-dire condamnée.

Il n’y a pas meilleure recette antithétique au développement: pérenniser un système post-colonial dont les conséquences sont encore palpables là où, depuis 1960, la construction d’une véritable nation, fédératrice des aspirations de tous les Ivoiriens, a été repoussée à demain, par tous les hommes d’états qui ont été. Conséquence: la Côte d’Ivoire est devenue, depuis les premiers soubresauts de la crise, et encore plus depuis le 11 avril dernier, un terrain fragmenté, constitué de nombreux morceaux d’Ivoire, trop petits pour constituer une Côte solide, capable de soutenir le corps social et de contenir l’implosion nationale.

Et pourtant, l’enjeu se trouve bien là: s’engager sur le développement national, en s’inspirant (ironie du sort), de ces états impérialistes et néo-colonialistes, qui ont eux-mêmes gagné leur paix et leur développement en sacrifiant les besoins individuels au profit de l’identité plurielle. A la Bastille en 1789, à Waterloo en 1815, à Gettysburg en 1863, ils ont combattu la terreur et obtenu leur véritable libération. C’est ce qu’on a appelé patriotisme ou nationalisme; c’est ce qui a induit leur émancipation.
L’urgence est donc évidente: bâtir une nation ivoirienne, sur la base d’une réconciliation véritable, apaisée, épurée et éprouvée par le temps, et non sur l’inception dans le cortex populaire d’une réconciliation factice, brusquée, présentée comme étant la panacée, favorable seulement aux élites et imposée par l’armement.

Cette approche moribonde, que certains qualifie de “réalisme”, de “moindre mal” ou encore de “table rase”, sans autre forme de démonstration, est vouée à l’éphémère… bien que pour l’heure, elle tente, honteuse, de s’imposer. Elle s’arc-boute, se faufile, espère se mêler, fiévreuse et gluante, au rayonnement de la vérité. Mais elle se retrouve captive des chaines millénaires de la contestation. Prisonnière de l’Histoire et de la Raison.