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Tuesday, 26 February 2013

Côte d'Ivoire: la dure loi des vainqueurs

Après Gbagbo, tout devait être rose. Hélas, à lire les 80 pages du rapport que publie aujourd’hui Amnesty International sur l’état des droits de l’homme, deux ans après la fin de la crise post électorale, il y a loin de la coupe aux lèvres. La preuve par les faits.

Le titre du rapport est terrible « La loi des vainqueurs », le contenu accablant : deux ans après la fin de la crise post-électorale et ses 3000 morts, dont  une majorité de civils, les droits de l’homme n’ont guère progressé en Côte d’Ivoire. Détentions arbitraires, exécutions sommaires, tortures,  harcèlements et exactions de tous ordres y demeurent monnaie courante. Mais cette fois au détriment des populations et ethnies soupçonnées de sympathie pour l’ancien président Laurent Gbagbo. A plusieurs reprises, Amnesty International comme d’autres organisations humanitaires avaient déjà tiré la sonnette d’alarme et mis en garde le président Alassane Ouattara contre les dérives de ses forces de sécurité et de certaines milices supplétives, notamment dans l’ouest du pays.

Friday, 2 November 2012

GAËTAN MOOTOO (HUMAN RIGHT WATCH) invité de L'ENTRETIEN DU JOUR: LES DROIT DE L'HOMME EN COTE D'IVOIRE


Amnesty International • arrestation arbitraire • Côte d'Ivoire • Les droits  de l'Homme • Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI)  • Gaetan Mootoo ( HRW)  • LE PRESIDENT Laurent Gbagbo • Ce qui se passe dans la ville de San Pedro • Le cas Simone Gbagbo • Les tortures en Côte d’Ivoire

Tuesday, 9 August 2011

Analyse du discours de Ouattara: il parle aux prompteurs?

par Joseph Titi


Un tantinet tendu pour son premier message à la nation, le Chef de l’Etat a néanmoins retrouvé ses accents d’homme providentiel qui va accomplir tous les miracles attendus par le peuple. Sauf que les faits, eux, ne lui donnent guère raison.

Les ivoiriens ont désormais tout : la démocratie, le retour du pays sur la carte du monde avec des investisseurs prêts à faire leur bonheur, la sécurité, la paix et bientôt la croissance…Et tout ça grâce à lui. Pour sa première grande sortie officielle, à l’occasion de la célébration du cinquante-unième anniversaire d’indépendance de la Côte d’Ivoire, le Chef de l’Etat a peut-être donné le change à ses conseillers en communication qui voulaient certainement le rendre plus communicatif, moins agressif et moins froid. Le résultat est plutôt mitigé.

Wednesday, 29 June 2011

Cote D'ivoire: La grande saison des pluies

Par Flavien D'Almeida - Titre: Abidjan_pas_net


Le mois de juin est celui de la grande saison des pluies béni par les agriculteurs et maudit par les citadins. A Abidjan, on en sait quelquechose: chaque année, au gré des inondations et des morts, on redécouvre ce qui apparait comme une fatalité, avec la même perplexité que l’année précédente. Mais au-delà du branle-bas d’envergure que les torrents de pluies créent, juin 2011 a ceci de particulier qu’il offre en même temps la pleine vision de la décadence de la Côte d’Ivoire “Ouattara-unifiée”. Tous les “démocrates” euphoriques au soir du 11 avril dernier, qui croyaient que la baraka légendaire du “Bravetchè” allait accoucher d’une “nouvelle Côte d’Ivoire” vierge de tension et de Refondation, sont rapidement en train de déchanter. Engloutis sous les eaux de la désillusion torrentielle, esseulés comme ce Vendredi de Robinson Crusoé sur les ilots de trottoir restants, noyés avec leurs véhicules dans les lagunes artificielles qui naissent à chaque carrefour, ils font face à la cruelle réalité du juin politique ivoirien. Et pendant ce temps brumeux, il existe encore quelques météorologues qui annoncent, carte des nuages politiques en main, le « retour effectif de la paix », et des températures bien plus affectueuses pour demain.

Monday, 27 June 2011

Violations des droits de l’homme: Ouattara et les Ong ne parlent plus le même langage

Par Gerard Koné


La lune de miel entre le camp Ouattara et les Ong internationales de défense des droits humains, jadis meilleurs alliés pour diaboliser le régime Gbagbo, est en train de virer à la répulsion. La cause de ce désamour entre les deux parties, c’est bien les différents rapports sur les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire. Ce qui fâche le camp Ouattara, ce sont les rapports successifs qui épinglent les Frci dans les exactions aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays, alors qu’il n’y a plus de belligérance.

A ce sujet, l’Ong Human Rights Watch (Hrw) s’était indigné mercredi dernier, de ce qu’«aucun des membres des Forces républicaines, impliqué dans des crimes graves, n`a été arrêté ou placé en garde à vue pour crimes graves commis pendant la période post-électorale». Dans la même veine, le Haut Commissaire aux droits de l’Homme des Nations Unies, Navi Pillay est monté au créneau. «Des témoignages accusent ces soldats d'implication dans des violations des droits de l'homme à Abidjan comme dans le reste du pays, incluant des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, des actes de torture, des viols, des pillages et de l'extorsion», avait-elle fait savoir à l’issue d’une réunion consacrée à la Côte d’Ivoire, mercredi dernier à l’Onu. Dénonçant par la même occasion, «le manque de discipline et la violence de la part de l'armée nouvellement établie, les FRCI, qui est composée de différents groupes sans claire structure de commandement et qui sont (…) une source de sérieuse préoccupation».

Sunday, 26 June 2011

Côte d'Ivoire: L'état des massacres de Ouattara

par Michel Galy - Politologue - Paris


Villages incendiés, habitants brûlés vifs, paysans traqués en brousse- par centaines. Et parfois plus: un millier lors de l'entrée des pro-Ouattara à Duékoué, à l' ouest du pays: crime de guerre ou crime contre l 'humanité?

Mais aussi des quartiers entiers d'Abidjan pillés, des militants pro-gbagbo assassinés tous les jours pour leur nom, leur âge , leur ethnie(l'ethnocide au Sud concerne en particulier les bété, attié et guéré): par centaines, sans compter les torturés ou les liquidés de l' hôtel du Golf, siège du nouveau pouvoir et base de ses escadrons de la mort.

Trois fois plus de morts- de 3000 à 5000 cadavres -pour les deux mois d'Alhassane Ouattara, ce héros de l'Occident, que pendant les 10 ans de la gouvernance de Laurent Gbagbo! Où sont les humanitaires et leurs relais, les dénonciations politiques à Paris et les résolutions de l'ONU?

Thursday, 23 June 2011

COTE D'IVOIRE: LE DRAME DU QUARTIER CARREFOUR DE DUÉKOUÉ

Une équipe de reportage de la télévision publique Hollandaise, KRO 

Ce n'est pas TF1 qui diffusera ce témoignage accablant-








Friday, 10 June 2011

Comédie Onusienne en Côte d'Ivoire

L'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci)  a déclaré ce jeudi être "particulièrement préoccupée" par la "multiplication" récente des violences d'éléments des FRCI, l'armée au service du président Alassane Ouattara et cela dans le sud du pays. Ces violences auraient fait deux morts et des dizaines de blessés. C'est lors d'une conférence de presse tenu à Abidjan que monsieur Guillaume Ngefa, de la division des droits de l'Homme de l'Onuci, a déclaré que son organisation était particulièrement préoccupée par la multiplication d'incidents violents et d'attaques conduits par des éléments des FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire) contre plusieurs villages". Le ridicule ne tuant pas, le représentant de l'organisation mondiale a déploré l'usage d'armes lourdes" pour le maintien de l'ordre et a exigé des "enquêtes immédiates et impartiales" sur ces incidents survenus ces derniers jours dans des localités des environs d'Abidjan, du sud-ouest et du centre-ouest du pays, régions réputées compter de nombreux partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo.

Wednesday, 1 June 2011

POURQUOI ALASSANE OUATTARA NE PEUT PAS RECONCILIER LES IVOIRIENS.

Par Fernand Agbo Dinde

Après la capture (et non la « capturation » comme l'a dit la Ministre pro-Ouattara de l'Education Nationale, Kandia Camara) du président Gbagbo par les forces spéciales françaises et sa mise à la disposition des FRCI, le nouvel homme fort d'Abidjan, Alassane Dramane Ouattara, n'a de cesse de clamer à l'envi que les Ivoiriens doivent se réconcilier. Il promet y travailler personnellement - ce qui est une bonne chose - mais là où se trouve le hic de l'affaire, c'est que ses actes nous renvoient un tout autre message et finissent de nous convaincre qu'Alassane Ouattara ne pourra pas réconcilier les Ivoiriens. Décryptage :

Me Bourthoumieux, avocat de Laurent Gbagbo, raconte leur 1ère entrevue le 26 mai

Me Bourthoumieux, avocat de Laurent Gbagbo, raconte leur 1ère entrevue le 26 mai depuis le 11 avril, date de l'enlèvement par les forces françaises, du président ivoirien élu, et sa remise aux troupes du candidat tricheur et perdant Ouattara, Laurent Gbagbo est retenu, sans motif officiel énoncé, en résidence surveillée... Il aura fallu attendre le 26 mai pour qu'un de ses avocats, Me Lucie Bourthoumieux (qui travaille en collaboration avec Jacques Vergès, Roland Dumas et Marcel Ceccaldi), puisse le rencontrer. Étonnamment, aucun média français n'a semblé soucieux de recueillir les impressions de l'avocat... C'est donc sur les ondes de la voix de l'amérique, Voice of America, que nous avons pu l'entendre...

Kouamouo fait parler Ouattara - Alassane Ouattara et ses homériques contradictions médiatiques

Par T.Kouamouo

Saturday, 14 May 2011

Ouattara a enfin sont "épuration ethnique"

Le reportage complet dans Le Nouvel Observateur .

Massacre de civils à Duékoué. (D.R.)
28, 29, 30 mars 2011… Les forces du nord de Ouattara lancent leur grande offensive contre le sud en direction d'Abidjan pour déloger le président Gbagbo. Une des premières grandes villes conquises est Duékoué dans l'Ouest du pays, un verrou stratégique entre le Nord et le Sud. Après la bataille commencent les grands massacres de Duékoué. Les supplétifs de l'armée, des chasseurs traditionnels Dozos, des miliciens, des hommes portant treillis et des soldats en uniforme, vont investir la ville et les villages environnants. Ils trient la population et abattent ceux qui appartiennent à l'ethnie Guéré, favorable au président. Les meurtres, les viols, les pillages vont durer toute une semaine et vont faire entre mille et deux mille victimes. Galerie photo: dans l'ordre, les scènes de massacres, les tueurs sur les lieux, les pillages, les fosses communes creusées par les casques bleus de l'ONUCI, le flot des réfugiés, le père Cyprien de la Mission Catholique qui les accueillent, des témoins sur les lieux d'une église incendiée à Carrefour, le quartier ravagé de Duékoué, un tank pro-gouvernemental détruit à la sortie de la ville. le reportage complet dans Le Nouvel Observateur .

Duékoué : "Le Nouvel Observateur" dénonce une "épuration ethnique" lancée par les forces pro-Ouattara

par Theophile kouamouo via "Le Nouvel Observateur"
NB: "Le Nouvel Observateur" est  un hebdomadaire français de gauche, donc un journal "de Blancs", fait par "des Blancs", vendu dans des librairies "de Blancs" avec barcode "de Blancs" dessus, ok? Cela devrait donc vous convenir à vous tous malheureux qui ne croyez que l'info "blanche"... non?

C'est un reportage publié dans l'hebdomadaire "Le Nouvel Observateur", dans son édition du 12 mai 2011. C'est le premier article de la "grande presse" hexagonale qui évoque une expression que nous utilisons, pour notre part, depuis le 2 avril 2011, c'est-à-dire avant la capture de Laurent Gbagbo. Extraits d'un article qui devrait être envoyé à Nicolas Sarkozy, qui se prépare à aller faire une "méga-teuf" avec un homme dont les troupes se sont rendues coupables de crimes se rapprochant de plus en plus d'actes de génocide.
"1000, 2000 morts ? On ne sait pas. Mais la grande tuerie de Duékoué a duré toute une semaine, dans la ville, les villages, la brousse. Accusées : les Forces du Nord du président Ouattara qui ont lancé leurs supplétifs à l'assaut. Jean-Paul Mari a reconstitué sur place la mécanique d'une bataille qui a tourné à l'épuration ethnique".
"Dans l'église incendiée du quartier Carrefour, il faut marcher entre les cadavres encore frais d'hommes abattus à bout portant, découpés à la machette ou la gorge tranchée, à même le sol, mains liées dans le dos, comme des animaux de ferme. Il y avait un quartier, une population de 10 000 personnes, il ne subsiste plus grand-chose d'humain. Sinon l'église Jésus-Christ Sauveur, carbonisée, les maisons noircies, les allées défoncées en terre ocre, le sol noir couvert de gravats et de vêtements sales, dispersés."

Wednesday, 11 May 2011

Côte d’Ivoire : crimes d’Etat, terreur totale et silence complice des médias français

par David Gakunzi est l'auteur de Côte d'Ivoire : le crime parfait 

il sera dit un jour que l’obscur Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l’Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d’or et de diamant, de cuivre et d’uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole… Il sera dit un jour qu’il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d’un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.

Ouattara. L’homme n’a manifestement ni vision ni charisme, ni épaisseur ; pis, lorsqu’il parle des Ivoiriens, on ne sent, dans sa voix monocorde de bureaucrate de la bourse mondiale, nulle présence de celui qui veut unir le passé, le présent et l’avenir. Impossible unité, impossible liaison donc de cet homme avec cette terre, avec ce peuple de Côte d’Ivoire. On ne l’imagine pas sur le trône ; et pourtant le voilà Président. Mais comment donc ? A coup de bombes larguées par la France sur Abidjan. Paris débarque, brûle Abidjan, se saisit de Gbagbo et de la fumée des buchers, Ouattara s’élève Président. Ere nouvelle : droit de la force et terreur totale sur la Côte d’Ivoire.

Tuesday, 10 May 2011

Côte d'Ivoire : l'ère des menteurs

par Théophile Kouamouo

L'article est du quotidien L'Intelligent d'Abidjan, daté du 9 mai 2011, et raconte ce qui tient lieu d'opération de réconciliation à Anokoua Kouté, village ébrié faisant partie de la commune d'Abobo. Le titre ? "Les Ebrié d’Anokoi demandent pardon aux FRCI et aux populations". Pourquoi s'humilient-ils ainsi ? Pour avoir le droit de retourner dans leur village. Qu'ont-ils donc fait, ces Ebrié, pour battre ainsi leur coulpe ? Extraits de l'article.

"Ceux-ci avaient fui leur village à la suite des affrontements avec des hommes armés basés à PK 18. Il était reproché aux habitants d’Anokoi d’avoir commis des exactions sur des populations notamment celles dont les noms sont à consonance nordiste. Face à la réplique, les habitants de ce village n’ont eu d’autre solution que de fuir leur village. Depuis lors, personne n’ose y remettre les pieds, par peur de représailles de la part de certains habitants de PK 18 dont beaucoup ont perdu des proches. Ayant pesé l’ampleur des actes commis par certains habitants d’Anokoi, la chefferie traditionnelle des villages Ebrié, aidée par l’ancien maire central du district d’Abidjan, N’koumo Mobio, a fini par réaliser qu’il faut revenir vers leurs anciens voisins et leur présenter des excuses. C’est dans cette optique que M. Koné Famoussa (responsable local de la coalition pro-Ouattara) a entrepris de sensibiliser ses frères et sœurs, notamment les militaires. Pour lui, il faut accepter le pardon. Quel que soit ce qui s’est passé. «Nous devons demeurer toujours des frères et des sœurs, comme l’a recommandé le président Alassane Ouattara», a-t-il insisté. «Acceptez vos frères Ebrié. Je vous demande pardon», a-t-il plaidé. Et, ce en présence de chefs militaires tels que le commandant Konaté Fré".

Wednesday, 4 May 2011

Cote D’ivoire : "Ces terribles crimes de guerre pourraient être requalifiés en génocide"

À l'heure où la coalition Licorne-Onuci-"Frci" pilonne des zones civiles d'Abidjan...

Michel Galy 
Enquête Dans L'Humanité, par Michel Galy: "Côte d'Ivoire. Groupes armés. Le pays en pleine extension de la guerre nomade ?"


"Des acteurs du conflit sont venus du Liberia et de Sierra Leone qu’ils avaient laissés exsangues, pour rallier les troupes d’Alassane Ouattara. D’où la menace d’instabilité persistante, analyse Michel Gally, spécialiste de la région. La guerre en Côte dIvoire a bien eu lieu, mais ce nest quun épisode localisé dune «guerre nomade» qui tourne depuis 1989 entre plusieurs pays ouest-africains, et le cycle des violences est loin d’être terminé.


En 1989, une centaine de guerriers dirigés par Charles Taylor, armés par le Burkina Faso, passent la frontière ivoirienne pour mettre à feu et à sang le Liberia; puis vient le RUF de Foday Sankoh, qui conquiert la Sierra Leone et massacre plus de 2000 personnes en prenant Freetown, la capitale. Ce sont bien les mêmes qui, en 2002, ont commencé la rébellion ivoirienne, maîtrisant les deux tiers du pays à la faveur d’un coup d’État dont tout indique aujourd’hui qu’il se faisait au profit d’Alassane Ouattara.
Crime  Pro-Ouattara 2011

Ces «guerriers nomades», passeurs de frontières, ont fait de cette activité de pillage en extension continue un mode de vie, voire de gouvernement. Au nord de la Côte dIvoire, depuis 2002, sest mise en place une sorte de «dictature rebelle» où toute opposition est impossible et la violence gratuite monnaie courante, tandis que les services de l’État ont en pratique disparu et que l’informalisation économique se combine avec des rackets en tout genre. Une sorte de féodalisation militaire s’est fait jour: le règne des tristement célèbres «comzone», ces commandants rebelles qui tirent d’énormes profits de leurs rapines.

Dans les «biens mal acquis», des associations comme Sherpa pourraient leur demander des comptes: il est de notoriété publique à Ouagadougou, au Burkina Faso, que les somptueuses villas du «quartier Millionnaire» ont été construites grâce au pillage du nord de la Côte dIvoire; le premier dentre eux, Guillaume Soro, nest-il pas aussi un riche propriétaire qui possède des appartements jusqu’à Paris? Il nest pas sûr que ses émoluments de premier ministre y aient suffi

Les récents événements semblent assurer une extension maximale à ce système nordiste de violence et d’exploitation: le pillage de quartiers entiers dAbidjan comme Angré sest étendu à l’université et au quartier administratif du Plateau: voitures réquisitionnées de force, maisons vidées, militants FPI (le parti de lex-président Gbagbo) rackettés, les guerriers du Nord formant larmée rebelle (rebaptisés Forces nouvelles, puis, sans doute par antiphrase, Forces républicaines) sont les premiers à piller, transposant le système du Nord dans la conquête de la capitale.

Cette «libérianisation» de la guerre ivoirienne a culminé dans lOuest: le massacre de Duékoué (plus de 800 civils), dénoncé publiquement par la Croix-Rouge, s’est effectué le lendemain de la prise de la ville par la soldatesque d’Alassane Ouattara. Comme au Rwanda en 2004, des cartes d’identité jonchent la ville autour des cadavres des victimes: les noms et lieux de naissance ont permis aux tueurs de repérer les membres de l’ethnie autochtone guéré, partisans de Gbagbo et opposés à l’installation forcée de colons agricoles dioulas (Nordistes de la Côte d’Ivoire, Maliens et Burkinabés) sur leurs terres. Ces terribles crimes de guerre pourraient être requalifiés en génocide.

Représailles et contre-représailles s’enchaînent désormais: à Daloa et Gagnoa, des Dioulas, qui forment la moitié de la population urbaine, servent dindicateurs et de relais de violence à l’armée du camp Ouattara pour persécuter, au-delà des militants FPI, les ressortissants de trois peuples réputés proches de l’ancien pouvoir, Attiés, Bétés et Guérés, dont les victimes pourraient déjà se compter par milliers.

Comme pendant les guerres nomades précédentes, des groupes armés venant du Liberia servent les deux camps et se livrent, quant à eux, à des atrocités aveugles et des pillages généralisés; dans un phénomène courant de flux et de reflux, en admettant lhypothèse optimiste dun retour au calme en Côte d’Ivoire, l’errance de ces groupes vers la Sierra Leone et surtout le Liberia semble probable.


Les Dozos ( pro-Ouattara)

Mais que faire aussi de ces trop fameux «dozos» ( Pro-Ouattara) , qui comme les «kamajors» de Sierra Leone, sont des sortes de néochasseurs traditionnels du Nord ivoirien, avec un accoutrement et une mystique tirés du vieux fond mandingue (invisibilité, invulnérabilité…)? Surtout spécialisés dans les massacres de masse comme à Duékoué, ils traitent en brousse lennemi sur le mode de lanimal et le dépècent comme tel…

Cette guerre nomade semble en extension: par une ruse de lhistoire bien africaine, elle fait retour sur le commanditaire de ces divers conflits, le président Blaise Compaoré, du Burkina Faso. Ayant poussé Charles Taylor, Foday Sankoh, Guillaume Soro à déstabiliser leurs pays respectifs, il se trouve face à un mouvement militaire, mais aussi politique et social qui pourrait l’emporter; ainsi lassassinat de Thomas Sankara paraît-il rétrospectivement comme un trauma originel se reproduisant alentour jusqu’à menacer son auteur."

Michel Galy

Wednesday, 27 April 2011

La tyrannie et ses mensonges


LA DÉSINFORMATION SUR LA CRISE EN CÔTE D’IVOIRE 
Par Bernard DESGAGNÉ  http://www.vigile.net/La-tyrannie-et-ses-mensonges

« L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. » — Gandhi

Le calvaire que le grand capital assoiffé de pétrole et de profits fait vivre au peuple ivoirien est une immense injustice qui est d’autant plus intolérable qu’elle se produit dans l’indifférence d’une grande partie de mes compatriotes québécois. Depuis bientôt cinq mois, malgré toute ma bonne volonté et mes efforts personnels pour sensibiliser en particulier la classe politique et les médias, j’observe impuissant les Ivoiriens, admirables résistants, se battre seuls contre l’argent des maitres du monde et les fusils de leurs valets. Je pleure et je me réveille la nuit en les entendant gémir, appeler à l’aide.

Une multitude de blogues, de pages Facebook, de canaux Twitter et de sites Web ivoiriens et africains sont parcourus de cris d’indignation et de hurlements de douleur qu’efface sans peine le vacarme assourdissant de la machine de guerre occidentale. À peine audibles, les lamentations des victimes de Duékoué, de Gagnoa, de San Pedro, d’Abidjan et du reste de la Côte d’Ivoire se perdent dans les abysses cybernétiques, tandis que les vampires qui boivent goulument le sang des Africains perpètrent tranquillement leurs crimes sous un déluge de média-mensonges. Avez-vous remarqué le silence de Radio-Canada depuis que l’affaire est prétendument réglée ? Avez-vous remarqué comme cette bande de journalistes à gages se tient coite depuis l’enlèvement de Laurent Gbagbo par les Français, qui l’ont remis à de sombres brutes pour qu’il soit humilié et séquestré avec sa femme, Simone ?

Pourtant, les rebelles poursuivent leurs massacres, jouissent de l’impunité et se tuent même entre eux, ce qui est très embarrassant pour Radio-Canada, qui nous présentait Alassane Ouattara comme le grand démocrate désigné comme vainqueur par la « communauté internationale ». Les élections fédérales tombant à point nommé, Radio-Canada a donc changé de sujet. Elle se désintéresse du conflit au moment où il vient de faire des milliers de morts. Quel contraste avec ce qui s’est passé entre décembre et mars ! Radio-Canada nous avait alors habitués aux quelques centaines de morts des statistiques plus ou moins fictives de l’ONU pour accabler Laurent Gbabo de tous les maux.

Civils utilisés comme bouclier humain par les rebelles
Des civils sont utilisés comme bouclier humain par les rebelles Pro-Ouattara

L'un des civils utilisés comme bouclier est mort après un échange de tirs
Des civils servant de bouclier humain est tué lors d’un échange de tirs.


Dans la première photo ci-dessus, des civils sont utilisés comme bouclier humain par les rebelles de Ouattara. Dans la seconde, l’un des civils servant de bouclier est tué lors d’un échange de tirs.

Le chaos et la terreur engendrés par l’ONU et la France, qui disaient vouloir protéger les civils, règnent partout sur le territoire ivoirien. Il y aurait deux-millions de déplacés. Les gens se terrent dans les plantations ou dans leur maison, en ville. Ils manquent de nourriture. Les voyous drogués et sans âme recrutés par Ouattara tuent, pillent, violent et saccagent. Les cadavres jonchent les rues. L’ONUCI, force des Nations Unies en Côte d’Ivoire, tire avec ses canons sur les civils de la vaste commune de Yopougon, en plein coeur d’Abidjan. Les jeunes hommes sans arme sont systématiquement « arrêtés », sous prétexte que ce sont des miliciens. S’ils résistent, ils sont tués. Les casques bleus restent sagement dans leur caserne, à Duékoué, pendant qu’à trois kilomètres de leur camp, des dozos sanguinaires massacrent plus de huit-cents civils innocents en deux jours, dans les cris d’horreur. Mais, soudainement, Radio-Canada a des choses plus importantes à nous dire que de nous parler de la tragédie provoquée par la soi-disant « communauté internationale », tout comme Radio-Canada occulte constamment le rôle machiavélique de la soi-disant « communauté internationale » dans le drame haïtien.

Tuesday, 26 April 2011

La troisième pacification de la Côte d’Ivoire

Par THÉOPHILE KOUAMOUO

Dans son dernier discours à la Nation, Alassane Dramane Ouattara a évoqué la “pacification” de la Côte d’Ivoire, qui devrait intervenir dans les deux mois qui viennent. Ce concept de “pacification”, de nature fondamentalement militaire, me semble plus juste pour décrire la situation actuelle du pays d’Houphouët-Boigny que celui, menteur, de réconciliation. Il nous ramène à l’histoire de ce pays, et à deux périodes qui l’ont fondamentalement structurée.

Au début du vingtième siècle, la première pacification est menée par le gouverneur Gabriel Angoulvant. Après la conquête de la nouvelle possession de l’Empire français, il a engagé la “mise au pas” de ses structures locales de gouvernement, brisant les chefferies indociles, destituant les roitelets revêches, punissant collectivement les ethnies rebelles. Au final, le territoire tout entier s’est soumis à l’occupant, ce qui a rendu possible son exploitation économique dans la plus grande quiétude.


La “seconde pacification” de la Côte d’Ivoire, qui est en partie le sujet de la thèse de l’étudiant Laurent Gbagbo – soutenue en 1979 à l’Université de Pairs VII – est rendue nécessaire par le “désordre” et la “contestation” nés du bouillonnement politique d’avant l’indépendance. Elle se déroule dans les années 1950 et 1960. Le parti de Félix Houphouët-Boigny, le PDCI-RDA, défie l’ordre colonial, de Treichville à Dimbokro. Prenant acte de la force de la répression, Houphouët décide de “composer”. Il s’implique dans la grande opération de nettoyage politique qui vise les “extrémistes” de son propre camp, qui sont éliminés politiquement ou éliminés tout court. Pour empêcher toute compétition politique – et protéger le nouveau pacte franco-ivoirien -, il installe, comme ailleurs en Afrique, un système à parti unique. Comme Angoulvant, il mate les groupes ethniques rebelles, puis a l’intelligence de créer un système rassurant pour tous. Cette pacification terminée, l’exploitation économique néocoloniale peut commencer.

Saturday, 16 April 2011

Sarkozy doit etre jugé par le TPI !


Ramatkal – JSSNews
Un lion est tombé, il s’appelait Gbagbo !
Ce que que vous allez lire ci-dessous est une enquête et une analyse sur les évènements terribles qui on eu lieu en Cote-d’Ivoire, ce pays que l’on considérait, jadis, comme étant un havre de paix et prospère de l’Afrique de l’ouest Mais commençons par le début.
La France, jure qu’elle n’a pris aucune part à l’intervention. Et bien bien ceci est un mensonge éhonté. En effet, dans le journal télévisé de 20H de France 2 du mardi 12 Avril, l’on voit une vidéo amateur d’un combattant des forces “républicaines” qui a filmé l’assaut final. L’instant crucial apparaît lorsque l’on voit madame Gbagbo conduite, et malmenée, par les rebelles, à bord d’une voiture pour la mener à l’hôtel du golf.
Sarkozy, un Genocidaire 
Mais ho, quelle ne fut pas ma surprise de voir, très furtivement et en arrière plan, un “ERC-90 Sagaie” (véhicule blindé muni d’un canon de 90 mm) Français, à l’intérieur de la résidence présidentielle avec le canon pointé vers la porte ! Comment ça ? La France n’est pas entrée à l’intérieur ? Mais alors, que faisait-il là ce blindé ? Nous avons ici la preuve que la France a bel et bien pris part à la chute du Président Bagbo et a donc violée très nettement toutes les conventions internationales !
Ceci n’est pas un néo-colonialisme. Non, c’est le bon vieux colonialisme d’antan, ou les “civilisés” allaient expliquer aux barbares africains comment ces derniers devaient dorénavant vivre. Les puissances coloniales leur imposaient les chefs qui pouvaient les massacrer tant qu’ils étaient de bons collaborateurs. Sarkozy, a violé toutes les règles internationales en soutenant militairement un camps plutôt qu’un autre, sans parler qu’aucune résolution de l’ONU ne demandait de pénétrer à l’intérieur de la résidence afin de chasser Gbagbo. Maintenant, il faut comprendre pourquoi il a fait cela.

GUERRES EN AFRIQUE LES DEUX PECHES CAPITAUX DE BARACK OBAMA

 sanfinna (Journal burkinabe)

S’il est un continent dans lequel les cœurs ont le plus vibré à l’unisson pour Barack Obama tant pour sa campagne d’investiture à la présidentielle américaine des Démocrates que pour celle de son entrée à la Maison Blanche, c’est bien l’Afrique. Comment pouvait-on ne pas être partie prenante de ce miracle en réalisation d’un fils de Kenyan devenant président des Etats-Unis d’Amérique ? Rêve fou qui ne pouvait même pas être imaginé il y a 05 ans de cela ! Et une fois l’impensable réalisé, c’est un véritable tremblement de terre qui a parcouru toute l’échine du continent premier.

 On était tous fiers de cette victoire qui concrétisait, après des siècles de lutte et de la façon le plus magistrale, l’homogénéité de la race humaine. Pour sûr, les choses allaient changer dans la conduite des USA, des affaires du monde. Et par la force de ses gènes, Barack Obama ne pouvait pas oublier l’Afrique. Comme de juste, ses deux voyages en Egypte et au Ghana ont été des grands moments de confirmation de sa promesse d’apporter plus de solidarité, plus de justice, de démocratie en Afrique. Mais hélas, Barack Obama, sans crier gare, déviera à mi-parcours de cette lancée de façon si violente qu’il a définitivement créé une fracture dans les sentiments qui lui étaient acquis sur le continent.