Wednesday, 15 May 2013

Côte d'Ivoire : Outtara aussi populaire et efficace que François Hollande en France



Côte d'Ivoire : Outtara aussi populaire et efficace que François Hollande en France


Les présidents Ivoiriens et Français ont énormément de points en communs. En particulier ceux de ne plus représenter grand monde et davoir lassé leurs populations par leurs mensonges et les violences qui se poursuivent dans leurs pays .Les récentes élections en Côte d'Ivoire confirment la division du pays et l'isolement de son dirigeant, illustrant le manque de confiance pour ce président imposé, après le putch de l'Armée Française.


Le parti de l'ex-président Laurent Gbagbo a appelé à boycotter les élections régionales et municipales, les qualifiant de farce électorale. Et au vue du très faible taux de participation, moins de 30 %, l'appel semble avoir été largement suivi. Ce vote a en outre été entaché de nombreuses fraudes et disputes postélectorales, qui n'ont pas tardé à dégénérer en incidents violents partout dans le pays.

Malgré l'aveu de ses échecs, nonobstant la manne du FMI, de son impuissance et les dissensions au sein de son propre camp, le Président Ouattara briguera un second mandat. Cependant, l'insécurité persiste et aucune avancée notable n'a été faite pour une véritable réconciliation nationale. Au contraire on note une mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo, qui réclament sa libération à la Cour pénale internationale. Plus inquiétant, le pays semble livré à une nouvelle oligarchie spoliatrice. En effet, des experts des Nations unies ont décrit un système de prédation des ressources naturelles, au profit d'un réseau militaro-économique mis en place par les anciens chefs des Forces nouvelles, alliés de l'actuel président, Alassane Ouattara, lui même ancien cadre du FMI.

Environ 10% de la récolte de cacao pour la période 2011-2012 aurait été ainsi détournée, soit la bagatelle de 153.000 tonnes. Même chose pour la noix de cajou, dont plus de 30% de la production est allée dans d'autres poches.

Mais c'est également le car pour le coton, le bois, l'or ou encore les diamants. Les sommes détournées sont loin d'être anecdotiques. Rien que pour le cacao, il est question de 400 millions de dollars (soit 1,6% du PIB ivoirien en 2012) de pertes pour l'économie locale et de 76 millions de dollars de rentrées fiscales en moins. Comme d'habitude, ce sont les mêmes méthodes qui sont à l'oeuvre sur tous les continents.

Pour contenter certains, on sacrifie un pays et sa population en les plongeant dans une anarchie durable mais profitable aux trafics en tout genre. Alors, comment réagirait la France, et plus largement l'Union Européenne, si du fond de son cachot de la Haye, l'ex-Président Laurent Gbagbo, remportait les élections présidentielles de 2015 ? Les ivoiriens seraient bien capables de faire ce joli pied de nez aux donneurs de leçons occidentaux.

Wednesday, 10 April 2013

Wikileaks révèle les dessous de la crise ivoirienne


Par le Nouveau Courrier

Nom de code : PLUSD. L’association Wikileaks dirigée par Julian Assange, et qui s’est spécialisée dans la mise à la disposition du public de câbles diplomatiques classés confidentiels et/ou secret défense, a encore frappé.

Hier, elle a mis en ligne des informations de la diplomatie américaine. Qui permet d’avoir accès à 1,7 millions de documents secrets qui, pour certains, éclairent l’histoire récente d’un jour nouveau. Certains d’entre eux avaient déjà été « balancés » en 2010, mais étaient perdus dans le cafouillage incroyable créé par la profusion des données.

Cette fois-ci, grâce à un efficace moteur de recherches, l’accessibilité est améliorée et des documents intéressants surgissent. Sur la crise ivoirienne en particulier, un certain nombre de câbles diplomatiques se révèlent très intéressants à lire.

En 2001, les ingérences de Charles Taylor en Côte d’Ivoire inquiétaient déjà Gbagbo et le Nigeria

Friday, 22 March 2013

Les fermiers du nord craignent de perdre leurs terres cédées aux multinationales


Par Fulgence Zamblé  

Des agriculteurs du nord de la Côte d'Ivoire affirment que leur survie est menacée par la décision du gouvernement d'accorder de grandes superficies de terres à une multinationale. Ne disposant pas d'un droit de propriété, ils ont peur de perdre l'héritage de leurs ancêtres.

"Les terres que nous exploitons sont celles léguées par nos parents. Nous pensons aussi les céder à nos descendants parce qu'aujourd'hui, il est difficile de trouver de terres arables ailleurs", déclare à IPS, Dokatiené Silué, paysan originaire de Dikodougou, dans le nord de la Côte d'Ivoire.
Les chiffres du Centre de promotion des investissements en Côte d'Ivoire (CEPICI) indiquent que le pays dispose de 24 millions d'hectares de terres cultivables. Et seulement 9,5 millions d'hectares sont utilisés pour l'agriculture vivrière et les cultures d'exportation.

Tuesday, 19 March 2013

Retour des concessions coloniales en Côte d'Ivoire?


Par Mohamed SYLLA, analyste à Audace Institut Afrique.

Son séjour en Côte d’Ivoire, la présidente et principale actionnaire du groupe de négoce de matières premières Louis Dreyfus a signé le 31 janvier dernier un accord cadre de partenariat public-privé, devant conduire à la signature d’un partenariat stratégique avec le ministre ivoirien de l’agriculture, au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire. Ce futur accord portera sur la mise à disposition d’une grande quantité de terres cultivables dans le nord du pays pour la production du riz. On ne peut cependant s’empêcher de s’interroger sur la légitimité d’un tel contrat tant les zones d’ombres sont nombreuses.

De prime abord on pourrait penser que ce projet est une bonne nouvelle, d’autant qu’il sera concrétisé dans les régions du Poro, de la Bagoué et du Tchologo qui comptent parmi les plus pauvres de la Côte d’Ivoire. Il permettra, aux dires du Ministre de l’agriculture, «de consolider les acquis des petits planteurs». Pourtant, on peut se demander de quels acquis il s’agit quand on sait que tous ces paysans n’ont aucune sécurisation juridique de leurs droits de propriété. Il est, de ce point de vue, curieux de constater que cet accord soit justement passé entre l’Etat de Côte d’Ivoire et le Groupe Louis-Dreyfus. A aucun niveau les paysans, qui sont censés être les principaux bénéficiaires de ce projet, n’ont été associés à sa négociation et sa signature. La déclaration de Margarita Louis-Dreyfus selon laquelle ces terres appartiennent et resteront la propriété des paysans dénote que soit elle méconnait la situation foncière en Côte d’Ivoire soit que cet accord n’est rien d’autre qu’un accaparement des terres du Nord ivoirien.

L'OUEST IVOIRIEN: L'IMPOSSIBLE PAIX


Peuple accueillant et chaleureux, le pays Wê est devenu la proie de toutes les convoitises, mais aussi la terre de toutes les violences depuis le coup d’état manqué de 2002, et qui s’est mué en rébellion armée.

Combien ont été tués parce qu’ils sont de l’ethnie guéré ?

Non pas pour leur soutien au président Laurent Gbagbo uniquement mais parce qu’ils auraient commis le crime de naître sur des terres fertiles et riches, là où tout pousse.

Aussi, si ces populations autochtones ne refusent pas le partage de leur portion de terre cultivable avec ces autres communautés venues d’ailleurs, ces dernières en abuseront et cela avec le soutien de nouveaux seigneurs de guerre en quête de pécules. Alors que la population essayait d’oublier deux années de traumatismes nées de la crise postélectorale de 2010, cette tranquillité va devenir un véritable cauchemar.